Nom :

dimanche, octobre 26, 2008

Je me souviens....le kava

Espiritu Santo, janvier 2005.

Le kava,

Une découverte, encore une mais de taille car il s'agit là d'une découverte sensorielle, psychosmatique,...la prise de kava.

Boisson tirée des racines d'une plante qui pousse essentiellement ici, dans l'archipel du Vanuatu, sa consommation ne doit pas être complètement étrangère au calme et à la sérénité des habitants de ce petit bout de monde.

La prise de kava obéit à certains rituels qui en font un acte singulier et authentique. Dans la rue le promeneur observera des lanternes de différentes couleurs (rouge, jaune, bleu, vert...) qui indiquent que l'on se trouve à proximité de "nakamals", les bars à kava. La nuit, le spectacle de ces lanternes se révèle très poétique.

Au nakamal (qui signifie maison), les gens (traditionnellement les hommes) commencent à se réunir peu avant le coucher du Soleil et commandent leur premier « shell », rempli à leur convenance d’une certaine quantité de liquide. Celui-ci, d’une couleur brunâtre et laiteuse tourne dans la calebasse en attendant d’être consommé. Alors, point de délectation lorsque l’on apporte le récipient à ces lèvres, on sait à quoi s’attendre et l’amertume du breuvage ne permet pas au buveur de se contenter de petites gorgées, il faut tout boire d’un trait. On se sera placé à l’abri des regards, car la consommation doit se faire dans une discrète intimité. Le shell vidé, on vient s’asseoir sur l’un des bancs de bois, pour discuter doucement, ou bien se taire et savourer les effets apaisants du breuvage. De temps en temps, les accords pacifiques de quelques « string bands » (traduction : groupe d'instrument à cordes !! héhé qu'est ce que vous croyiez ?) vous parviennent aux oreilles et imprime une touche toute sereine à l’instant. Le buveur de kava se contente rarement d’un shell, et le moment jugé opportun, il se lève, met entre parenthèse l’éventuel discussion entamée, va commander un shell, pour le vider dos à l’assemblée réunie. Il revient en crachant au sol, évitant d’avaler sa salive. Ainsi, c’est un concert de crachats qui se fait entendre chaque soir dans tous les nakamals du Vanuatu.

Les effets sur le corps et l’esprit sont multiples. Immédiatement, une légère anesthésie localisée en plusieurs parties du corps peut se produire. La langue, la gorge, le cou sont les plus souvent
atteints. Ensuite, l’effet touche l’esprit qui se trouve gagné d’une sérénité nouvelle, non pas
l’ivresse alcoolique ou cannabique, mais quelque chose de neuf, frais et fort à la fois. L’esprit peut se mouvoir dans certaines mesures, mais il parait clair
qu’il se retrouve moins réactif aux réalités matérielles, gagné par une passivité qui transpire sur
le corps tout entier.

« Sous l’effet du kava, un homme peut rêver éveillé. Il est alors visité par ses ancêtres qui lui suggère une nouvelle danse ou un nouveau chant, qui lui rappellent son allégeance à la coutume, qui lui disent ce qui arrivera dans le futur ou ce qu’ils désirent que l’on fasse. »

Faire de deux pierres un coup, Jeremy MacClancy.


De l’abus de kava peut résulter une incapacité de se mouvoir, d’un manque d’initiative et jusqu’à l’incapacité de proférer une seule parole audible. Il arrive que la victime d’un abus doive se faire porter pour rentrer chez elle. Les nuits sont bonnes après laconsommation de kava, les matins sont douillets, et l’on a plaisir à traîner jusqu’à ce que la chaleur de la journée bien entamée vous pousse à vous activer un peu…


1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Cela m'a fait plaisir de replonger dans ce moment tres bien decris.

Merci Doudou

7:59 PM  

Enregistrer un commentaire

<< Home