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jeudi, avril 02, 2009

Auprès de mon Baobab... (chapitre 8)

Le plus grand bonheur après que d'aimer, c'est de confesser son amour.
André Gide.

Ce que je craignais s’est finalement produit…

Je marchais dans mon quartier de Quinzambougou afin de retrouver ma rose mais elle ne se trouvait plus là où je l’avais laissée la veille.

Disparue, je ne savais alors pas si je la reverrai un jour. Je restais planté à l’endroit où je l’avais retrouvée, là où nos conversations avaient pris ces douces teintes qui ont coloré ces derniers jours de ma vie.

Je restais là à songer aux paroles que nous n’avions pas encore pu échanger, aux confidences perdues, à la complicité naissante qui pourrait alors demeurer lettre morte. Je restais là à me dire que le destin était bien joueur avec moi. Les caprices de la vie ont alors dessiné un sourire nostalgique sur mon visage.

« C'est quelque chose que d'aimer de cette manière, sans trop d'espoir de la revoir, ni même de lui parler. Ca fait battre le coeur, autant que ça l'use »

Mon vieil ami se tenait derrière moi assis sur une natte, le visage serein et l’allure digne. Sa voix était posée et son timbre apaisant. En cet instant de détresse, sa présence m’a réconforté.

- Bonjour. Vous voyez, elle n’est plus là.

- Oui. Elle a du partir mais se faisant elle ne pensait qu’à toi tu sais ... Ne songes-tu pas la retrouver à nouveau ?

- Je l’espère profondément, mais sincèrement je ne sais pas si l’avenir m’accordera à nouveau cette chance. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle est partie pour toujours.

- Et moi j’ai le sentiment que la vie va te réserver encore quelques surprises. Tiens, regarde-moi ceci.

Il me tendit un morceau de métal allongé, recourbé à son extrémité et troué d’un carré à l’intérieur de la courbure. Je le saisis mais ne vis pas de quoi il s’agissait.

- Ne devine-tu pas ce que ça peut être ?

Un éclair dans mon esprit et je réalisai ce que j’avais dans la main.

- …une clé ?

Il me gratifia d’un large sourire mais n’ajouta rien. Je regardais l’objet que j’avais dans les mains il était magnifique dans sa simplicité. Il devait ouvrir une serrure d’un type particulier, du genre de celles que l’on trouve chez les forgerons Tamasheq. J’avais appris que leur art produisait des serrures de grande qualité, aux mécanismes ingénieux, à la facture subtile. Je l’observais dans ma main et je me sentais comme hypnotisé. Cette clé devrait me permettre d’ouvrir une porte un jour, mais laquelle ?

Pendant un temps, mon esprit restait accroché à cette question mais n’y trouvait pas de réponse.

Quand je relevai la tête, mon vieil ami n’était plus là. La clé par contre demeurait dans ma main et je l’ai considérée dès lors comme un don de la vie.

Cette vie peut être dure parfois mais il arrive qu’elle nous accorde quelques indulgences. En effet, depuis ce jour je retrouve ma rose en rêve. Nous conversons comme lors de nos premières rencontres et parlons avec des mots emprunts de poésie. L’histoire se répèterait-elle ? J’en ai un peu peur.

Cette correspondance onirique m’est précieuse mais j’ai peur qu’un jour le souvenir s’efface, que les rêves deviennent flous et se transforment en cet oubli qui a déjà frappé notre histoire.

En attendant, ces rêves me suggèrent d’y croire et je n’ai pas l’intention de me lamenter. Je veux profiter du temps qui m’est accordé.

J’ai trouvé quelques unes de ces clés qui me font avancer, puissent-elles me permettre d’ouvrir encore certaines portes.




1 Comments:

Blogger Mumu said...

Voilà, j'ai parcouru tout ton blog et ... il est vraiment magnifique! Tant par la découverte des pays que tu as eu la chance de traverser ( et que tu sais si bien décrire), que par tes ressentis... Par ce coté je ne me suis pas toujours senti à ma place ( on ne se connait pas beaucoup finalment), mais si l'adresse de ce blog s'est retrouvé sur ma méssagerie, c'est bien pour me faire partager ces récits!
Alors merci!

9:59 AM  

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