quelques pensées

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mercredi, mai 27, 2009

Au détour d'une rêverie

Au détour d'une rêverie, j'ai songé à ce que la vie m'avait donné de bon.

J'y ai mis du temps, car elle a été généreuse avec moi.

J'ai pensé à ma rose, celle que j'ai perdue, celle que j'ai retrouvée.

Celle dont j'ai eu envie de voler l'image, tellement elle était belle.


Au détour d'une rêverie, j'ai eu peur de l'avoir perdue.

Sa place était-elle auprès de moi ? Je n'en ai rien su.

Mieux valait-il pour elle rester la compagne de mes songes ?

J'ai pourtant eu envie de la cueillir, tellement elle était belle.


Au détour d'une rêverie, j'ai cru avoir trouvé l'amour.

Celui que j'avais perdu, celui que j'ai recherché.

Il m'a fui tout ce temps, jusqu'à un beau jour.

Qu'arriverait-il, si en ce jour je la cueillais?

Y survivrait-elle ?


Au détour d'une rêverie, j'ai du m'assoupir un moment.

Juste le temps de laisser les choses suivre leur cours.

C'est justement ce qu'attendait ma rose pour s'en aller.

Je ne l'ai pas cueillie et l'amour s'est fané.


Au détour d'une rêverie, je me suis réveillé.

Juste à temps pour la rattraper.

Elle a détourné son regard, mais pas son coeur.

Je l'ai cueillie alors pour notre plus grand bonheur.

Quelques pas au Kenya

Je débarque de mon avion en provenance de Bamako et là, surprise, c'est la pluie qui m'accueille. Après un sevrage de presque huit mois, ces quelques gouttes tombées sur la chaussée me paraissent être un cadeau de bienvenue. Le soleil n'est pas encore levé. Je traverse la ville de Nairobi pour aller dans le quartier ouest, là où je vais séjourner une partie de mon temps.

Les routes goudronnées sont la règle ici. Le trafic est fluide en cette heure matinale. Des marcheurs circulent le long des rues. Des employés allant à leur travail ? Je n'en sais rien. C'est un nouveau monde sur ce même continent que je vais découvrir. Je suppose, je tente de deviner, j'essaie de déchiffrer ce qui m'entoure. La ville est vaste et semble bien pourvue en infrastructures de toutes sortes : routes en parfait état, immeubles modernes, enseignes publicitaires dignes de ce qu'on pourrait trouver à Tokyo ou Bangkok.

Une âme légère et l'envie de découvrir me guideront désormais...

Entre mon hôtel situé dans le quartier résidentielle et sur-contrôlé de Lavington et les fourmilières du quartier Somalie en passant par downtown, le centre névralgique de la ville, j'ai le loisir de sillonner de nombreux quartiers de Nairobi, que se soit à pied, en taxi ou en Matatu, les transports en commun locaux. Ceux-ci, souvent bariolés d'un mélange plus ou moins heureux de couleurs, arborent des figures religieuses, des silhouettes vaguement ressemblantes de vedettes du football, du monde du spectacle ou encore un portrait du président Obama, héros national. Des phrases plus ou moins pieuses accompagnent les peintures et dans la ville c'est un perpétuel ballet de ces véhicules lancés dans des courses effrénées et sans fin. Ils semblent ne pas se soucier d'éviter les collisions car ils roulent aussi vite que leur permettent leurs moteurs, dépassent dans les virages, attendent à peine que les passagers soient montés pour démarrer. Alors on doit souvent grimper en marche, parfois forcés de courir au côté du véhicule sur quelques mètres. Ici, le rythme est important, il faut être en phase, ne pas retarder cette machine qui est sensée transporter un maximum de passagers à l'heure. Une fois à l'intérieur, c'est la plupart du temps la musique qui nous accueille. Parfois d'un niveau sonore acceptable, mais de temps en temps, le niveau dépasse ce qu'on pourrait écouter en boîte de nuit. Souvent alors un écran plat trône en face des passagers, diffusant selon le goût du chauffeur et de ses apprentis des clips vidéo hip hop, rap, r&b ou encore zouk...là, deux enceintes de part et d'autre de l'écran crachent la musique accompagnant les images tandis que des caissons de basse cachés sous les sièges émettent des sons bas et vibrant qui enveloppent le véhicule dans de sourdes mélopées urbaines, un peu hors du temps et de l'espace. On sort de là abasourdi, de retour sur ses pied et retrouvant ses esprits...on peut désormais marcher et vaquer à des occupations plus « piétonnes ».

L'ambiance de la ville est assez distinguée, parfois feutrée, un tantinet « british » oserais-je dire. Les poubelles dans les rues existent et sont utilisées.ce qui n'est pas sans m'étonner un peu venant de Bamako où tout se jette au vent. Nairobi dispose aussi de rues piétonnes, de parcs parmi lesquels «l'arboretum » est l'un des endroits les plus agréables et aérés de la ville. On peut s'y promener de jour au sein d'espaces boisés et calmes.

Le soir, les coins animés sont nombreux aussi. Des boites de nuits, des bars, des restaurants. Une soirée typique de Nairobi commence dans un endroit où l’on consomme le nyama choma (littéralement : viande grillée). Là, des quartiers de viandes sont exposés et le client choisit les morceaux qui lui seront servis, accompagnés, de pommes de terre frites et de crudités. Ensuite, il est de bon ton de vider quelques verres dans un bar où un groupe joue de la musique jazz ou reggae, puis un tour dans une des nombreuses boites de la ville où l'on peut danser jusqu'au petit matin en agréable compagnie.

Les lendemains sont plus ou moins difficiles. Mais les souvenirs restent bons.

Après en avoir bien profité, j'ai l'intention de quitter Nairobi en empruntant le train. Je n'ai pas encore parlé du trafic dans les rues de la capitale...c'est le bon moment.

Parfois fluide, on peut aller de Lavington au centre ville en 20 minutes...parfois ce temps peut être multiplié par quatre...en raison des embouteillages. Et bien, ce facteur encore ignoré jusque là m'a causé un stress assez important. J'avais un train à prendre et les voitures semblaient ne plus vouloir bouger...mon chauffeur de taxi, avec lequel j'avais sympathisé avait bien compris ma détresse. Il avait d'ailleurs fait preuve d'un grand « professionnalisme » vis-à-vis de ma volonté d'aller le plus vite possible. En doublant des lignes de voitures bloquées, en empruntant des sens interdits, en effectuant des zigzags invraisemblables entres les véhicules arrêtés pour finalement se retrouver impuissant face au flot statique des véhicules à l'approche de la gare de Nairobi, en plein centre ville. Tout est bloqué alors...il est 18h48, mon train démarre à 19h00...je demande au chauffeur si la gare est loin, il me dit quelques centaines de mètre, peut être 500 ou 600 m...Bon, je fais le calcul vite fait dans ma tête...je suis capable de courir assez rapidement, je me suis entrainé des années pour ça...évidemment j'ai des sacs et un long bâton de bois avec moi, mais ça se tente ! De toute façon je ne pourrais jamais atteindre la gare à temps si je reste dans le taxi. Le chauffeur acquiesce, il a compris et me souhaite bonne chance. Comme un âne bâté, je commence à franchir les quelques centaines de mètres qui me séparent de mon train. Je slalome entre les voitures, faisant fi de tous les regards qui sont certainement posés sur moi. Je commence à courir car le délai est court. Ce n'est pas la situation la plus confortable que j'ai pu connaître, mais je n'ai pas le temps de m'en plaindre. Mon objectif se situe tout droit, à quelques foulées encore. Je vois l'horloge de la gare au loin, 18h54...j'y suis presque ! Encore 200 m..je vais y arriver. Enfin j'espère car j'étais sensé venir récupérer mon numéro de place dès 18h30...Bon j'arrive dans le hall de la gare, je vois le chef de gare, le train à quai. Je vais l'avoir, je cours encore, tout en sueur. Je rattrape le chef de gare, lui montre ma réservation. Il me dit qu'il me faut mon numéro de cabine que je dois récupérer au guichet : 18h58...il m'assiste, trop sympa, j'en avais besoin. On récupère mon numéro, il m’aide à embarquer mes bagages, je trouve ma cabine et me pose sur ma couchette quand le train démarre...Ouf !

Je suis en partance pour Mombasa, sur la côte...je suis presque surpris d'y être parvenu, mais c'est fait.

Dans le train, une ambiance toute « british ». Après m'être remis de mes émotions et une fois douché je vais prendre mon diner dans le wagon restaurant. Là, je fais la rencontre d'Australiens buveurs de bières et d'un Kenyan, encore plus buveur de bières...on discute longuement après le diner servi en cours de trajet. Puis heureux d'avoir participé à la refonte d'un monde on s'endort sans peine bercés par les mouvements du train.

Après une nuit agréable, c'est un petit déjeuner à l'anglaise qui m'accueille au réveil, avec des œufs, du bacon et au dehors des paysages kenyans défilants à la vitesse modérée de mon train. Peu après avoir terminé de déjeuner, un arrêt se prolonge plus longtemps que d'habitude. Au bout d'une heure, il apparaît que celui-ci est du à l'encombrement de la voie causé par le déraillement d'un train entre notre position et Mombasa, le terminus. Il est assurément difficile de passer ainsi et la solution est de prendre un transport par la route afin de parcourir les quelques kilomètres jusqu’a Mombasa et...en rejoignant Mombasa, je retrouve l'océan !

Ahhhhh ! L'océan indien. Ca faisait longtemps que je ne l'avais vu ! La dernière fois était à Meulaboh, en d'autres heures et d'autres circonstances mais quel plaisir ! Toutefois ce n'est pas là que je m'arrête. Je compte aller plus au sud, retrouver un endroit qui m'avait été conseillé. Encore une heure de route et j'y serai. Quelques rencontres plus loin, je me retrouve à Tiwi Island...un superbe endroit digne d'une carte postale, un vrai petit coin de paradis. Ma petite paillotte à moi toute équipée, une terrasse avec une vue imprenable sur la mer, mes activités se résumeront à choisir auprès des pêcheurs du coin le poisson et les fruits de mers fraichement pêchés, les préparer et les déguster, et puis aussi prendre mon temps sur la plage, me plaisant à regarder passer les bateaux au loin, réfléchir...songer...rêver un peu...de ma rose.

En effet, au cours de quelques rêveries je converse avec elle. Elle n'est pas sereine, loin de là. La vie lui a réservé des épreuves difficiles et aujourd'hui encore, elle doit lutter pour avoir une place sur cette terre. Elle a des rêves, toujours, mais très peu de place demeure dans son esprit pour y croire, ni même les considérer. Je suis là, si loin d'elle aujourd'hui. Et c'est une fois posé sur cette plage que je pense à elle. Arrivé au bout de mon périple, je pense que cette histoire n'est pas terminée.

samedi, mai 16, 2009

Les chaines brisées

J'ai rêvé que je marchais sur une plage, au clair de Lune.
La marée était basse et les vagues lointaines.
J'étais loin du désert de son sable, de ses dunes,
et j'en ai profité pour briser quelques chaines.

La première fut celle de mon ignorance
qui m'accompagnait en tout lieu, en tout temps…
Je lui avais accordée une dernière danse,
et elle, joueuse ne m'avait offert que du vent.

La deuxième fut celle de ma naïveté légendaire,
que je cultivais pensant en tirer quelques fruits.
Mais elle m'avait souvent intimé de me taire,
m'imposant de vivre d'espoirs, sans un bruit.

La troisième fut celle de mes rêves oubliés,
ceux qui comptaient beaucoup pour moi alors.
J'avais fondé sur eux quelques contre-vérités,
tissées d'illusions et de naïfs espoirs...à tord.

Et enfin la quatrième fut celle de l'amour,
celui que j'ai mis tant de temps à trouver.
Pour le perdre, le retrouver pour un tour,
et finalement l'oublier...à jamais.

Je marchais sur cette plage au clair de Lune,
et la vie m'avait accordé de bien belles choses.
Les chaines brisées l'ont été sans rancune,
A la faveur de mes vers et mes proses.