quelques pensées

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dimanche, août 27, 2006

Weh



Au dela de la pointe nord de l'ile de Sumatra se trouve Weh, une petite ile qui fait partie de la province d'Aceh, mais qui ne le laisse pas percevoir. Les filles peuvent se baigner en maillot, la biere se consomme sans honte et l'ambiance est tres relaxante...


On y peut pecher a l'occasion et le seul soucis est de se proteger contre les rayons de compere Soleil...

lundi, août 07, 2006

La mer

Lorsque je suis arrivé sur la plage pour la première fois. J’ai eu une impression étrange, certainement imprégnée des récits du tsunami. Cette impression s’est vue doublée d’une forte méfiance vis-à-vis de ce que j’avais sous les yeux. Des vagues hautes et violentes qui se fracassent avec bruit sur la plage. Celles-ci forment des rouleaux massifs dont l’ensemble constitue une composition en changement perpétuel. Tout semble aléatoire ici. Les rouleaux peuvent se doubler, se tripler, se casser à n’importe quel moment pour gicler en gerbes improbables vers le ciel…Les courants sont aussi étranges. Changeant d’un jour à l’autre, certains sont susceptibles d’emporter les meilleurs nageurs au large s’ils se risquent au-delà d’une limite que seule la mer connaît.
Les fonds marins le long de la côte ont également été fortement affectés par le tsunami, ainsi que par le tremblement de terre de mars 2005 qui a bouleversé une partie de la topographie de la région.
La mer ici rencontre donc des reliefs marins nouveaux qui n’ont pas encore été remodelés par le temps, ce qui semble la rendre particulièrement joueuse et imaginative. Elle profite de la singularité des fonds à l’approche des côtes pour inventer des courants et des vagues desquels l’homme n’est pas familier, car c’est comme s’il s’agissait des premières heures de la vie de la mer à cet endroit là.
Elle paraît monstrueuse, dangereuse, tout simplement parce qu’elle n’a pas eu le temps de s’assagir, de prendre le temps d’être comprise et acceptée par l’homme.

mercredi, août 02, 2006

Un tsunami est passé par là...

Parfois les mots ont besoin d’un certain temps pour arriver à maturation. Des impressions multiples et contradictoires m’ont assailli dès mon arrivée à Sumatra. Je les ai géré du mieux que j’ai pu et à présent surnagent de plus précises idées du monde qui m’entoure…
Meulaboh est une ville du nord de la côte ouest de l’île de Sumatra, dans la province d’Aceh.
Elle a été durement touché par le tsunami du 26 décembre 2004, tout comme la majeure partie de la côte de la province d’Aceh…

Le tsunami a été une dure épreuve pour tous les habitants d’Aceh. Une grande proportion de la population de la côte a disparu suite au passage de la vague dévastatrice. La gigantesque masse d’eau a non seulement détruit maisons et ouvrages routiers mais a charié des milliers de tonnes de débris et d’arbres sur plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres. Nombreux survivants ont perdu des membres de leur famille ainsi que leur maison, leur jardin, leurs champs…



Ils n’ont plus rien après le désastre et doivent reconstruire leur vie.
Je les rencontre et les cotoie un an et demi après et il faut parfois que je fasse des efforts pour réaliser ce qui s’est déroulé pour chacun d’eux. Il est poignant d’entendre le témoignage de gens qui vous montrent de manière très simple l’endroit où se trouvait leur maison, là où il n’y a presque plus de trace d’anciennes contructions, hormis la partie émergée d’un puits ou quelques carrelages de l’ancienne salle de bain.


Meulaboh semble être une ville normale aujourd’hui. C’est seulement lorsque l’on s’aventure dans le quartier d’Ujong Karang, d’Indrapuri ou dans celui de Gampong Belakang situés tous trois sur une avancée de la ville vers la mer, que l’on se rend compte combien alors Meulaboh a pu être affectée.
Tout est rasé, des débris jonchent toujours le sol et l’endroit semble devoir être abandonné et confié à l’histoire, tel un sanctuaire que l’homme ne doit plus prétendre aborder.

La mer elle aussi semble avoir acquis une image singulière aux yeux des habitants d’Aceh. Les gens reconstruisent rarement les villages complètement rasés au même endroit. Souvent, ceux-ci sont relocalisés quelques kilomètres à l’intérieur des terres.
Peu de marcheurs le long des plages de sable fin. Encore moins de baigneurs. Mais ceci aussi est compréhensible. La mer ici est différente...